Rétatrutide phase 3 : −32 kg ?!

8 min GLP-1 & perte de poids

Chapitres

Les premiers résultats de phase 3 du rétatrutide sont tombés : 28,7 % de perte de poids en 68 semaines, soit 32,3 kg en moyenne, et une réduction de 75,8 % des douleurs du genou. Ce que dit l'essai TRIUMPH-4, sur quelle population, et à quel prix en tolérance.

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Les premiers résultats de phase 3 du rétatrutide sont arrivés, et ils dépassent tout ce qui avait été publié jusqu’ici pour un traitement de l’obésité. Voici l’essentiel de la vidéo, pour qui préfère lire.

Rétatrutide phase 3 : les chiffres de TRIUMPH-4

L’annonce a été faite le 11 décembre 2025 — le communiqué du laboratoire. À 68 semaines, à partir d’un poids moyen de départ de 112,7 kg :

  • 12 mg — 28,7 % de perte, soit 32,3 kg en moyenne
  • 9 mg — 26,4 % de perte, soit 29,1 kg
  • Placebo — 2,1 %

Deux chiffres complètent le tableau et méritent d’être connus : 39 % des participants au dosage le plus élevé ont perdu au moins 30 % de leur poids, et 24 % au moins 35 %. On entre dans des ordres de grandeur qu’on n’associait jusqu’ici qu’à la chirurgie bariatrique.

Le résultat qui va au-delà du poids

L’essai portait sur 445 adultes en surpoids ou obèses présentant une arthrose du genou confirmée, sans diabète. Le critère principal n’était donc pas uniquement la balance.

Les scores de douleur ont baissé de 4,5 points en moyenne, soit une réduction de 75,8 %. Et plus d’un patient sur huit était totalement sans douleur au genou à la fin de l’essai. Pour quelqu’un qui vit avec une arthrose invalidante, c’est un changement d’existence.

S’y ajoutent des améliorations sur le cholestérol non-HDL, les triglycérides et la tension systolique.

Ce que ça coûte en tolérance

C’est l’autre face du résultat, et elle est nette. Au dosage de 12 mg, environ 18 % des participants ont arrêté le traitement à cause des effets indésirables — un taux nettement supérieur à celui observé en phase 2. Les nausées ont concerné environ 43 % des participants, les diarrhées 33 %, les vomissements une part importante également. Dans le groupe placebo, 4 % ont tout de même arrêté.

Un signal nouveau mérite attention : une dysesthésie — une sensation nerveuse anormale, généralement légère — rapportée par 20,9 % des patients à 12 mg et 8,8 % à 9 mg, contre 0,7 % sous placebo. Elle n’a que rarement conduit à l’arrêt, mais elle n’apparaissait pas dans les essais précédents.

Comment situer ces chiffres

On compare volontiers avec les 22,5 % du tirzépatide ou les 14,9 % du sémaglutide injectable. L’écart est réel, mais la comparaison a ses limites : les essais portaient sur des populations différentes, avec des durées différentes, et aucun n’a comparé directement les molécules entre elles. Ici, la population était spécifique — des personnes souffrant d’arthrose du genou, avec un IMC moyen de 40.

Et la disponibilité ?

Le rétatrutide reste une molécule expérimentale, non autorisée. Sept autres essais de phase 3 dans l’obésité et le diabète étaient attendus courant 2026. Les estimations de mise sur le marché tournaient autour de 2026-2027 aux États-Unis, et il faudra ensuite compter le délai habituel avant l’arrivée en France.

Sur le choix du dosage, ma vidéo qui décortique l’étude de phase 2. Si vous venez du tirzépatide, la transition est détaillée ici. Et pour la fiche complète de la molécule, c’est là.

Contenu éducatif. Cela ne remplace pas l’avis d’un médecin.

Pour aller plus loin

Contenu éducatif uniquement. Ne constitue pas un avis médical.

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