ARA-290 : protocole complet
Un essai de phase 2 qui atteint son objectif, une régénération nerveuse mesurée à l’imagerie — puis plus rien. L’ARA-290 n’a pas échoué : son développement s’est arrêté. Voici ce que les essais ont montré, ce qu’une cure coûte réellement, et pourquoi ce peptide n’est pas comparable au BPC-157.
- Carte d’identité
- Ce que les essais ont montré
- Mécanisme
- Protocole
- Reconstitution
- Matériel
- Qui doit éviter
- Effets indésirables
- Conservation
- Erreurs fréquentes
- Statut réglementaire
- Comparatif
- Où se procurer
- FAQ
- Autre nom
- Cibinétide
- Longueur
- 11 acides aminés
- Origine
- Fragment d’EPO
- Voie
- Sous-cutanée
- Quantité des essais
- 1 à 8 mg/jour
- Niveau de preuve
- Phase 2
En bref. L’ARA-290, aussi appelé cibinétide, est un peptide de onze acides aminés construit à partir d’une région de l’érythropoïétine. L’EPO fait deux choses très différentes : elle stimule la fabrication de globules rouges, et elle protège et répare les tissus lésés en calmant l’inflammation. L’ARA-290 a été conçu pour ne déclencher que la seconde. Il a fait l’objet de vrais essais cliniques de phase 2 sur la neuropathie des petites fibres, avec des résultats positifs — puis le développement s’est arrêté, sans phase 3 et sans autorisation.
Ce que les essais ont montré
L’ARA-290 dispose de davantage de données humaines que la plupart des peptides de cette bibliothèque, et ces données sont positives. C’est suffisamment rare pour être souligné.
| Essai | Année | Protocole | Résultat |
|---|---|---|---|
| Pilote, sarcoïdose | 2012 | 22 patients, 2 mg IV, 3 fois par semaine, 4 semaines | Amélioration du score de neuropathie |
| Sarcoïdose, petites fibres | 2013 | Sous-cutané quotidien, 28 jours, contre placebo | Symptômes améliorés, densité des fibres nerveuses cornéennes augmentée |
| Diabète de type 2 | 2014 | 4 mg par jour, 28 jours | Symptômes neuropathiques, HbA1c, lipides et densité nerveuse améliorés |
| Phase 2b, sarcoïdose | 2017 | 64 patients, 1, 4 ou 8 mg par jour, 28 jours | Objectif principal atteint : régénération des fibres nerveuses cornéennes, douleur réduite |
| Œdème maculaire diabétique | 2020 | 9 patients, 4 mg par jour, 12 semaines | Aucun effet indésirable grave ; pilote non contrôlé |
Le point remarquable est le critère de l’essai de 2017 : la repousse des fibres nerveuses mesurée par imagerie de la cornée, en vingt-huit jours. Ce n’est pas un questionnaire de ressenti, c’est une mesure objective. Et elle a été atteinte.
Alors pourquoi n’est-ce pas un médicament ? Parce que le développement s’est arrêté après la phase 2. Araim Pharmaceuticals, le laboratoire qui portait le programme, a cessé son activité. Aucun essai de phase 3 n’a été mené, aucun dossier d’autorisation n’a jamais été déposé. Les sources disponibles attribuent cet arrêt à des raisons commerciales et organisationnelles, non à un problème de sécurité. Mais le résultat est le même : les signaux de phase 2 restent des signaux.
Deux limites doivent rester en tête. L’ensemble des essais totalise moins de 200 participants, et tous duraient quelques semaines. Ensuite, ces travaux portaient sur des endpoints nerveux précis — neuropathie de la sarcoïdose, neuropathie diabétique. Les promesses d’anti-âge, de performance ou de récupération sportive que l’on croise à propos de l’ARA-290 ne reposent sur aucun de ces essais.
Comment agit l’ARA-290
L’idée de départ est de séparer les deux métiers de l’EPO.
L’érythropoïétine agit sur deux récepteurs différents. Le premier, celui qui commande la moelle osseuse de fabriquer des globules rouges, est un assemblage de deux récepteurs EPO. Le second, appelé récepteur de réparation innée, associe un récepteur EPO à un récepteur bêta-commun, le CD131. C’est celui-ci qui porte la protection tissulaire, la réparation et l’effet anti-inflammatoire.
L’ARA-290 active sélectivement le second sans toucher au premier. C’est la raison pour laquelle il n’augmente pas l’hématocrite — un fait vérifié dans les essais, pas une supposition.
Il semble par ailleurs bloquer le canal TRPV1, présent sur les petites fibres nerveuses et impliqué dans la transmission de la douleur. Cela explique en partie l’effet observé sur la douleur neuropathique, distinct de l’effet de régénération.
Quantités et durée
Sur cette molécule, les repères qui circulent et les quantités des essais coïncident largement — situation inhabituelle, et plutôt rassurante.
| Repère | Quantité | Fréquence | Origine |
|---|---|---|---|
| Bas | 1 mg par jour | Quotidien | Bras bas de l’essai de phase 2b |
| Central | 4 mg par jour | Quotidien | Quantité la plus testée, celle de la majorité des essais |
| Plafond | 8 mg par jour | Quotidien | Bras haut de l’essai de phase 2b |
Les cures décrites durent environ quatre semaines, ce qui correspond aux blocs de vingt-huit jours utilisés dans les essais. Aucune donnée ne couvre une durée plus longue : la sécurité au-delà de quelques semaines n’est pas établie.
L’injection se fait en sous-cutané, dans la graisse du bas du ventre ou de la cuisse, avec une seringue à insuline. La rotation des sites est systématiquement recommandée pour limiter l’irritation locale.
Le vrai obstacle est le coût, et personne ne le dit. L’ARA-290 se dose en milligrammes, pas en microgrammes comme la plupart des peptides de cette bibliothèque. Faites le calcul : à 4 mg par jour pendant 28 jours, une cure consomme 112 mg. Avec des flacons de 10 mg, cela représente une douzaine de flacons pour un seul mois. À 1 mg par jour, la même cure descend à 28 mg, soit trois flacons. C’est probablement la vraie raison pour laquelle l’usage réel se concentre en bas de la fourchette — et c’est une information à avoir avant de commander, pas après.
Reconstitution : le calcul déjà fait
Vérifiez d’abord le dosage de votre flacon : sur cette molécule les formats varient beaucoup d’un fournisseur à l’autre.
| Flacon | Eau bactériostatique | Concentration | Pour 1 mg | Pour 2 mg | Pour 4 mg |
|---|---|---|---|---|---|
| 10 mg | 2 ml | 5 mg/ml | 0,20 ml — 20 grad. | 0,40 ml — 40 grad. | 0,80 ml — 80 grad. |
| 10 mg | 1 ml | 10 mg/ml | 0,10 ml — 10 grad. | 0,20 ml — 20 grad. | 0,40 ml — 40 grad. |
| 16 mg | 2 ml | 8 mg/ml | 0,13 ml — 13 grad. | 0,25 ml — 25 grad. | 0,50 ml — 50 grad. |
Ici, le problème est inverse des autres peptides. Sur le BPC-157 ou l’AOD-9604, on cherche à diluer beaucoup pour rendre de minuscules prélèvements lisibles. Sur l’ARA-290, les quantités sont si élevées qu’on risque de dépasser la capacité de la seringue : 80 graduations, c’est déjà 0,8 ml. Avec une seringue de 0,3 ml, c’est tout simplement impossible. Prévoyez des seringues de 1 ml, ou réduisez le volume d’eau pour concentrer davantage.
Les 7 étapes
- Désinfecter les deux bouchons — une compresse alcoolisée neuve pour chacun.
- Prélever l’eau bactériostatique — selon la concentration visée dans le tableau.
- Injecter le long de la paroi — jamais directement sur la poudre.
- Faire rouler doucement — sans secouer, jusqu’à dissolution complète.
- Contrôler la limpidité — solution claire et incolore, sans particule.
- Réfrigérer à l’abri de la lumière — entre 2 et 8 °C.
- Utiliser sous 14 jours — plus court que la plupart des peptides. Ne reconstituez que ce que vous consommerez dans ce délai.
Pour un autre format, la calculatrice de peptides fait la conversion.
Ce qu’il vous faut à côté du flacon
Attention au format de seringue sur cette molécule : les volumes à prélever sont bien plus importants que sur les autres peptides.
- Seringues U-100 de 1 ml Indispensables ici : un prélèvement de 4 mg peut atteindre 80 graduations, impossible sur une seringue de 0,3 ml. Ma sélection
- Compresses alcoolisées Deux par injection : le bouchon du flacon et le point de piqûre. Ma sélection
- Boîte de conservation Au froid et à l’abri de la lumière — l’ARA-290 y est sensible. Ma sélection
- Eau bactériostatique L’eau stérile ordinaire ne convient pas pour un flacon multidose. Chez Peptides France
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Qui doit éviter l’ARA-290
- Grossesse et allaitement. Aucune donnée de sécurité.
- Cancer en cours, ou maladie du sang comme un syndrome myéloprolifératif. L’ARA-290 n’est pas érythropoïétique, mais son origine reste l’EPO : la prudence s’impose tant qu’aucune donnée n’existe.
- Autres traitements injectables, sans suivi par un professionnel de santé.
- Antécédent de réaction marquée à un peptide injecté.
Ces réserves découlent de l’origine de la molécule et des risques généraux de l’injection, pas d’un profil de sécurité établi. L’ARA-290 n’a pas de notice.
Effets indésirables
Dans les essais de phase 2, l’ARA-290 a été globalement bien toléré. Les effets rapportés étaient légers et passagers, et aucun problème de sécurité grave lié au produit n’a été signalé.
| Observation | Fréquence | Remarque |
|---|---|---|
| Réaction au point d’injection | La plus courante | Rougeur ou gêne, transitoire ; rotation des sites |
| Maux de tête | Occasionnels | Faible fréquence |
| Hématocrite inchangé | Constant | Confirmé dans les essais : c’est le principe même de la molécule |
| Aucun anticorps anti-médicament | — | Recherché et non détecté dans l’essai sur l’œdème maculaire |
La réserve tient à l’échelle : moins de 200 participants au total, sur des durées de quelques semaines. La sécurité à long terme n’est tout simplement pas caractérisée, quelle que soit la quantité.
Conservation
| Lyophilisat | Après reconstitution | |
|---|---|---|
| Température | Congélateur pour le long terme | Entre 2 et 8 °C |
| Durée | Jusqu’à la date indiquée | Environ 14 jours |
| Lumière | À l’abri | À l’abri |
| Aspect attendu | Poudre blanche | Solution limpide et incolore |
Quatorze jours, c’est nettement plus court que les trois à quatre semaines habituelles. Reconstituez au fur et à mesure : sur une molécule aussi coûteuse, jeter un flacon entamé fait mal. Détail complet : conserver les peptides.
Les erreurs qui reviennent le plus
- Commander une seringue de 0,3 ml. Elle ne suffira pas : un prélèvement de 4 mg peut atteindre 0,8 ml. Il faut du 1 ml.
- Ne pas calculer le nombre de flacons avant de commander. À 4 mg par jour, un mois de cure demande plus de 100 mg de produit.
- Reconstituer plusieurs flacons d’avance. La solution ne tient qu’environ quatorze jours.
- Attendre un effet de récupération sportive. Les essais portaient sur la neuropathie, pas sur le muscle ni la performance.
- Confondre avec le BPC-157. Deux logiques différentes : voir le comparatif.
- Utiliser une solution trouble. Elle se jette.
Statut réglementaire
- Aucune autorisation de mise sur le marché, ni en Europe ni ailleurs. Aucun dossier d’autorisation n’a jamais été déposé.
- Désignations obtenues mais souvent mal comprises. L’ARA-290 a reçu le statut de médicament orphelin et une procédure accélérée aux États-Unis pour la douleur neuropathique de la sarcoïdose, ainsi qu’une désignation orpheline européenne. Ce sont des mesures d’encouragement au développement — elles ne valent pas approbation, et sont régulièrement présentées comme telles dans les argumentaires de vente.
- Développement arrêté. Le laboratoire porteur a cessé son activité, sans programme clinique actif ni essai de phase 3.
- Vendu sous étiquetage recherche, ce qui n’est pas la même chose qu’une formulation pharmaceutique contrôlée.
Sportives et sportifs : l’ARA-290 n’est pas nommément inscrit sur la liste des interdictions, mais la catégorie S0 de l’Agence mondiale antidopage couvre en permanence toute substance sans autorisation de mise sur le marché pour un usage thérapeutique humain. L’ARA-290 entre dans cette définition. Si vous êtes soumise à un contrôle, considérez-le comme interdit.
ARA-290 face aux peptides de réparation
L’ARA-290 est souvent comparé au BPC-157 parce que les deux parlent de réparation. Ce sont pourtant deux logiques opposées.
| Molécule | Cible | Terrain | Meilleure preuve humaine |
|---|---|---|---|
| ARA-290 | Récepteur de réparation innée | Nerfs, douleur neuropathique, inflammation | Essais randomisés de phase 2 |
| BPC-157 | Angiogenèse, migration cellulaire | Tendon, intestin, vaisseaux | Essentiellement préclinique |
| TB-500 | Migration cellulaire | Tissus mous, muscle | Essentiellement préclinique |
| KPV | Voie anti-inflammatoire | Inflammation, intestin | Essentiellement préclinique |
Autrement dit : l’ARA-290 est plus étroit et mieux démontré, le BPC-157 est plus large et moins démontré. Le premier vise un problème nerveux précis avec des essais randomisés derrière lui. Le second couvre un champ bien plus vaste, sur des données presque exclusivement animales. Choisir entre les deux revient à choisir entre une preuve étroite et une promesse large.
Où se procurer l’ARA-290
Boutique partenaire : certificat d’analyse par lot, expédition depuis la France, code MISSPEPS. Produit destiné à la recherche en laboratoire.
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- Vérifiez le dosage du flacon avant de reprendre mes calculs de graduations
- Le matériel d’injection : voir la section matériel
- Calculer votre dilution : la calculatrice de peptides
- Aller plus loin : la Masterclass Peptides (27 modules)
Questions fréquentes sur l’ARA-290
Qu’est-ce que l’ARA-290 ?
L’ARA-290, aussi appelé cibinétide, est un peptide de onze acides aminés dérivé d’une région de l’érythropoïétine. Il active le récepteur de réparation innée pour soutenir la réparation tissulaire et réduire l’inflammation, sans augmenter les globules rouges comme le fait l’EPO.
Sur quoi l’ARA-290 a-t-il été étudié ?
Principalement sur la neuropathie des petites fibres associée à la sarcoïdose et sur la neuropathie diabétique, avec des critères portant sur la douleur nerveuse et la régénération des fibres. Les affirmations concernant l’anti-âge ou la performance sportive ne reposent sur aucun de ces essais.
Quelles quantités d’ARA-290 ont été testées ?
Les essais humains utilisaient 1 à 8 mg par jour en injection sous-cutanée, et 4 mg par jour est la quantité la plus testée, généralement sur 28 jours. Les repères qui circulent dans la communauté reprennent cette fourchette, souvent entre 1 et 4 mg par jour.
Combien de flacons faut-il pour une cure d’ARA-290 ?
Beaucoup plus que pour la plupart des peptides, parce que l’ARA-290 se dose en milligrammes. À 4 mg par jour pendant 28 jours, une cure consomme 112 mg, soit une douzaine de flacons de 10 mg. À 1 mg par jour, la même cure descend à 28 mg, soit trois flacons. Faites ce calcul avant de commander.
Comment reconstituer l’ARA-290 ?
Un flacon de 10 mg dans 2 ml d’eau bactériostatique donne 5 mg/ml : 1 mg correspond alors à 0,20 ml, soit 20 graduations sur une seringue U-100. Attention au format de seringue : un prélèvement de 4 mg atteint 0,80 ml, ce qui exige une seringue de 1 ml. La solution reconstituée se conserve environ quatorze jours.
L’ARA-290 augmente-t-il les globules rouges ?
Non, et c’est tout l’intérêt de sa conception. Il active sélectivement le récepteur de réparation innée, différent du récepteur qui commande la production de globules rouges. Aucune hausse de l’hématocrite n’a été observée dans les essais.
Pourquoi l’ARA-290 n’est-il pas un médicament ?
Parce que le développement s’est arrêté après la phase 2. Le laboratoire porteur, Araim Pharmaceuticals, a cessé son activité, aucun essai de phase 3 n’a été mené et aucun dossier d’autorisation n’a été déposé. Les sources disponibles attribuent cet arrêt à des raisons commerciales et organisationnelles, non à un problème de sécurité.
ARA-290 ou BPC-157 : quelle différence ?
L’ARA-290 vise un problème précis — les nerfs et la douleur neuropathique — avec de vrais essais randomisés de phase 2 derrière lui. Le BPC-157 couvre un champ bien plus large, tendon, intestin et vaisseaux, sur des données presque exclusivement animales. Ce sont deux logiques différentes, pas deux options interchangeables.
Sources
- Heij L, Niesters M, Swartjes M, et al. Safety and efficacy of ARA 290 in sarcoidosis patients with symptoms of small fiber neuropathy. Molecular Medicine, 2012 — PubMed
- Dahan A, Dunne A, Swartjes M, et al. ARA 290 improves symptoms in patients with sarcoidosis-associated small nerve fiber loss. Molecular Medicine, 2013 — PubMed
- Brines M, Dunne AN, van Velzen M, et al. ARA 290, a nonerythropoietic peptide engineered from erythropoietin, improves metabolic control and neuropathic symptoms in type 2 diabetes. Molecular Medicine, 2014 — PubMed
- Culver DA, Dahan A, Bajorunas D, et al. Cibinetide improves corneal nerve fiber abundance in sarcoidosis-associated small nerve fiber loss. 2017 — PubMed
- Dahan A, Brines M, Niesters M, et al. Targeting the innate repair receptor to treat neuropathy. Pain Reports, 2016 — PubMed
- Liste des interdictions, catégorie S0 — Agence mondiale antidopage
Dernière révision : juillet 2026 · Rédaction : Miss Peps
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Avertissement. Contenu publié à titre strictement éducatif et documentaire. L’ARA-290 est un produit destiné à la recherche en laboratoire, non autorisé comme médicament et non destiné à l’usage humain, animal, alimentaire ou cosmétique. Rien sur cette page ne constitue un conseil médical, un diagnostic ni une incitation à l’usage. Pour toute question de santé, consultez un professionnel de santé.