Sermoréline : protocole complet
C’est la plus ancienne de sa famille, et la seule à avoir été un médicament autorisé. Elle a été retirée du marché — mais pas pour des raisons de sécurité, et ce détail change la façon de la lire. Voici ce qu’elle a de plus, et ce qu’elle a de moins, que le CJC-1295.
- Carte d’identité
- Un médicament retiré, mais pourquoi
- Mécanisme
- Protocole
- Reconstitution
- Matériel
- Qui doit éviter
- Effets indésirables
- Suivi biologique
- Conservation
- Erreurs fréquentes
- Statut réglementaire
- Comparatif
- Où se procurer
- FAQ
- Famille
- Analogue de GHRH
- Longueur
- 29 acides aminés
- Demi-vie
- 10 à 20 minutes
- Voie
- Sous-cutanée
- Formats en France
- Flacons 5 et 10 mg
- Statut sportif
- Interdit (dopage)
En bref. La sermoréline correspond aux vingt-neuf premiers acides aminés de la GHRH, l’hormone naturelle qui commande à votre hypophyse de libérer de l’hormone de croissance. Les chercheurs ont découvert que ce fragment suffisait à reproduire l’activité de l’hormone entière, qui en compte quarante-quatre. C’est donc la version minimale fonctionnelle — et le point de départ de toute la famille, dont le CJC-1295 est un descendant modifié.
Un médicament retiré du marché — mais pourquoi ?
Cette information circule dans les deux sens, souvent mal comprise, et elle mérite d’être posée clairement.
La sermoréline a été un médicament autorisé, prescrit chez l’enfant présentant un déficit en hormone de croissance, et utilisée comme test diagnostique pour évaluer le fonctionnement de l’hypophyse. Elle a été retirée du marché à la fin des années 2000.
Le retrait était commercial, pas sanitaire. Aucun signal de sécurité n’a motivé cette décision. Ce qui l’a motivée, c’est l’arrivée de l’hormone de croissance recombinante : plus efficace pour l’indication pédiatrique, elle a rendu la sermoréline commercialement peu viable. Un laboratoire ne maintient pas un produit qui ne se vend plus.
C’est une distinction essentielle. Sur le Dihexa, les publications ont été rétractées. Sur l’Ipamoreline, le programme clinique a échoué. Ici, rien de tel : le produit fonctionnait, il n’a simplement plus trouvé son marché.
Ce qu’il faut en retenir, à l’avantage de cette molécule : elle a traversé un dossier réglementaire complet. Sa pharmacologie, sa tolérance et ses effets ont été évalués par une autorité de santé — ce qu’aucune autre molécule de cette famille ne peut revendiquer, hormis la tésamoréline.
Une nuance à ne pas perdre de vue. Cette évaluation portait sur des enfants en déficit avéré, pas sur des adultes en bonne santé cherchant à optimiser leur hormone de croissance. Le dossier existe, mais il ne répond pas à la question que la plupart des gens se posent aujourd’hui.
Comment agit la sermoréline
Elle se fixe sur le récepteur de la GHRH présent sur l’hypophyse et déclenche la libération d’un pic d’hormone de croissance. C’est exactement ce que fait l’hormone naturelle — la sermoréline en est une copie fonctionnelle, pas une version améliorée.
Sa demi-vie de dix à vingt minutes est la plus courte de toute cette famille. Chaque injection produit donc un pic bref et net, puis tout redescend. C’est le profil le plus proche du fonctionnement physiologique naturel, où l’hormone de croissance est libérée par vagues séparées.
L’avantage réel de ce profil. Toute la chaîne de régulation reste intacte : si l’hormone de croissance monte trop, votre organisme freine en amont. Contrairement à l’IGF-1 LR3 qui court-circuite tout, la sermoréline demande à votre hypophyse de travailler — elle ne peut donc pas la dépasser. Cela limite l’ampleur de l’effet, et c’est aussi ce qui le rend plus sûr.
Chaque pic pousse ensuite le foie à produire de l’IGF-1, le médiateur réel des effets sur les tissus.
Quantités et rythme
| Phase | Par injection | Fréquence | Remarque |
|---|---|---|---|
| Évaluation | 100 à 200 mcg | 1 fois par jour | Au coucher, à jeun |
| Courant | 200 à 300 mcg | 1 fois par jour | Le repère le plus fréquent |
| Haut | Jusqu’à 500 mcg | 1 fois par jour | Gain supplémentaire discutable |
Le timing, et il compte plus qu’ailleurs
- Au coucher, systématiquement. L’injection se superpose au plus grand pic naturel d’hormone de croissance, celui du sommeil profond. Avec une demi-vie de quinze minutes, rater cette fenêtre revient à perdre l’essentiel de l’intérêt.
- À jeun, deux à trois heures après le dernier repas. L’insuline libérée après un repas atténue nettement le pic.
- Cures de 3 à 6 mois, avec des pauses. Les protocoles anciens décrivaient des usages prolongés, mais dans un cadre de déficit avéré.
Pourquoi une seule injection par jour ici. Sur les GHRP comme le GHRP-6, on ajoute des injections parce que les récepteurs saturent. Sur la sermoréline, le schéma classique reste une prise unique au coucher — non par saturation, mais parce que c’est le moment où le corps est de toute façon prêt à libérer. Injecter à midi produirait un pic dans un contexte hormonal moins favorable.
Reconstitution : le calcul déjà fait
| Flacon | Eau bactériostatique | Concentration | 100 mcg | 200 mcg | 300 mcg | 500 mcg |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 10 mg | 3,0 ml | 3 333 mcg/ml | 3 grad. | 6 grad. | 9 grad. | 15 grad. |
| 5 mg | 1,5 ml | 3 333 mcg/ml | 3 grad. | 6 grad. | 9 grad. | 15 grad. |
La reconstitution de référence est 3 ml pour un flacon de 10 mg, soit 3 333 mcg par millilitre. Avec un flacon de 5 mg, utilisez 1,5 ml pour obtenir exactement la même concentration — et donc les mêmes graduations, ce qui évite de refaire le calcul si vous changez de format.
À cette concentration, une prise de 200 mcg ne fait que six graduations : une seringue de 0,3 ml est nécessaire, car ses graduations sont bien plus espacées que sur une seringue de 1 ml.
Les 7 étapes
- Vérifier le flacon — dosage, lot, galette lyophilisée intacte.
- Désinfecter les deux bouchons — une compresse alcoolisée neuve pour chacun.
- Prélever l’eau bactériostatique — 3 ml pour un flacon de 10 mg, 1,5 ml pour un flacon de 5 mg.
- Injecter le long de la paroi — jamais directement sur la poudre.
- Faire rouler doucement — sans secouer. Solution limpide et incolore.
- Étiqueter le flacon — concentration et date de reconstitution.
- Réfrigérer — entre 2 et 8 °C, à utiliser sous trois à quatre semaines.
Pour un autre volume, la calculatrice de peptides refait le calcul.
Ce qu’il vous faut à côté du flacon
Une injection par jour sur plusieurs mois : c’est un protocole au long cours, prévoyez large sur les consommables.
- Seringues U-100 de 0,3 ml Indispensables : à la concentration de référence, une prise de 200 mcg ne fait que six graduations. Ma sélection
- Compresses alcoolisées Deux par injection, tous les soirs pendant des mois : commandez en quantité. Ma sélection
- Boîte de conservation Au froid et à l’abri de la lumière, y compris en déplacement. Ma sélection
- Eau bactériostatique L’eau stérile ordinaire ne convient pas pour un flacon multidose. Chez Peptides France
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Qui doit éviter la sermoréline
- Cancer en cours ou antécédent récent. L’élévation de l’hormone de croissance et de l’IGF-1 est évitée dans un contexte oncologique. Réserve commune à toute cette famille.
- Diabète ou prédiabète. L’hormone de croissance dégrade la sensibilité à l’insuline.
- Syndrome du canal carpien, apnée du sommeil, œdèmes. Ces symptômes sont sensibles à l’axe GH et peuvent s’aggraver.
- Traitement par corticoïdes. Ils atténuent la réponse à l’hormone de croissance : l’effet recherché s’en trouve réduit.
- Traitement thyroïdien. L’hormone de croissance modifie la conversion des hormones thyroïdiennes ; un ajustement peut être nécessaire.
- Grossesse et allaitement. Aucune donnée.
- Sportives et sportifs contrôlés. Catégorie S2 de l’Agence mondiale antidopage, interdiction permanente.
Un point de bon sens. La sermoréline demande à votre hypophyse de fonctionner. Si celle-ci est réellement défaillante — après une chirurgie, une radiothérapie ou une lésion —, la molécule n’a rien à stimuler et ne produira rien. C’est d’ailleurs le principe du test diagnostique pour lequel elle était utilisée : une absence de réponse signait une atteinte hypophysaire.
Effets indésirables
C’est l’un des sécrétagogues les mieux tolérés, et ce constat s’appuie ici sur un dossier réglementaire réel — pas seulement sur des témoignages.
| Effet | Fréquence | Remarque |
|---|---|---|
| Rougeur ou douleur au point d’injection | Le plus courant | Rotation des sites |
| Bouffée de chaleur, rougeur du visage | Occasionnelle | Passagère, dans les minutes suivant l’injection |
| Maux de tête | Occasionnels | Légers |
| Somnolence | Fréquente | Cohérente avec la prise au coucher |
| Rétention d’eau, bouffissure | Progressive | Surveiller le poids et les doigts au réveil |
| Fourmillements dans les mains | Aux quantités hautes | Signal de surdosage : redescendre |
Ce qui n’apparaît pas ici, et c’est notable. Pas de faim intense comme avec le GHRP-6, pas d’élévation du cortisol ni de la prolactine. La sermoréline agit sur le récepteur de la GHRH, qui ne commande que la libération d’hormone de croissance — elle n’a donc pas les effets annexes des molécules qui passent par le récepteur de la ghréline.
Ce qui mérite d’être surveillé
| Marqueur | Pourquoi | Quand |
|---|---|---|
| IGF-1 | Le reflet direct de la stimulation de l’axe | Avant, puis à 6-8 semaines |
| Glycémie à jeun | L’hormone de croissance élève la glycémie | Avant et pendant |
| HbA1c | Contrôle glycémique sur trois mois | Avant, puis à distance |
| Qualité du sommeil | Le marqueur subjectif le plus rapporté | En continu, un carnet suffit |
Sur les cures longues, le dosage d’IGF-1 est particulièrement utile ici. La sermoréline se prend sur trois à six mois : c’est assez long pour qu’un suivi biologique ait du sens, contrairement aux molécules en cures de deux semaines. Un IGF-1 qui ne bouge pas malgré plusieurs mois est une information — soit la quantité est insuffisante, soit l’axe ne répond pas.
Conservation
| État | Température | Durée |
|---|---|---|
| Lyophilisat, long terme | −20 °C ou moins | 12 à 24 mois |
| Lyophilisat, court terme | Entre 2 et 8 °C | Plusieurs mois |
| Après reconstitution | Entre 2 et 8 °C | 3 à 4 semaines |
| Doses congelées | −20 °C | Quelques mois |
Sur une cure de plusieurs mois, vous enchaînerez les flacons : gardez les non entamés au congélateur et ne reconstituez qu’au fur et à mesure. Rangez le flacon en cours debout, sur une clayette et non dans la porte. Détail complet : conserver les peptides.
Les erreurs qui reviennent le plus
- Injecter à un autre moment que le coucher. Avec quinze minutes de demi-vie, la fenêtre du sommeil profond est l’essentiel de l’intérêt.
- Injecter après un repas. L’insuline atténue le pic. Deux à trois heures d’écart.
- Reconstituer plusieurs flacons d’avance. La solution ne tient que trois à quatre semaines ; sur une cure de plusieurs mois, avancez flacon par flacon.
- Croire que le retrait du marché était un problème de sécurité. Il était commercial.
- Attendre un effet spectaculaire. La sermoréline amplifie votre propre production, elle ne la remplace pas — et la régulation naturelle limite l’ampleur.
- Ne pas doser l’IGF-1. Sur une cure de plusieurs mois, c’est la seule mesure objective disponible.
Statut réglementaire
- Anciennement autorisée comme médicament, dans le déficit en hormone de croissance chez l’enfant et comme test diagnostique. Retirée du marché pour des raisons commerciales.
- Plus commercialisée comme spécialité aujourd’hui. Le flacon vendu ici est un produit sous étiquetage recherche, destiné au laboratoire.
- Préparations magistrales à l’étranger. Certaines pharmacies nord-américaines la préparent sur ordonnance ; cette pratique n’a pas d’équivalent en France.
- Interdite par l’Agence mondiale antidopage, catégorie S2, en permanence.
Sermoréline face aux autres sécrétagogues
| Molécule | Récepteur | Demi-vie | Dossier réglementaire |
|---|---|---|---|
| Sermoréline | GHRH | 10 à 20 min | Anciennement autorisée |
| Tésamoréline | GHRH | ≈ 26 min | Autorisée aujourd’hui |
| CJC-1295 no DAC | GHRH | ≈ 30 min | Aucun |
| CJC-1295 with DAC | GHRH | 6 à 8 jours | Aucun |
| Ipamoreline | Ghréline | ≈ 2 h | Phase 2 échouée |
L’arbitrage entre sermoréline et CJC-1295 se pose simplement. Le CJC-1295 no DAC a une demi-vie deux fois plus longue et permet plusieurs injections quotidiennes ; la sermoréline reste sur une prise unique au coucher. Mais la sermoréline a un passé réglementaire que le CJC-1295 n’aura jamais. Selon ce qui compte le plus pour vous — la souplesse d’usage ou l’historique d’évaluation —, le choix diffère.
L’Ipamoreline agit sur un récepteur différent : c’est pourquoi on l’associe à un analogue de GHRH plutôt qu’on ne choisisse entre les deux.
Où se procurer la sermoréline
Boutique partenaire : certificat d’analyse par lot, expédition depuis la France, code MISSPEPS. Produit destiné à la recherche en laboratoire.
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Prévoyez plusieurs flacons : les cures de sermoréline durent trois à six mois. La solution reconstituée ne se conservant que trois à quatre semaines, gardez les flacons non entamés au froid et ne reconstituez qu’au fur et à mesure.
- Le matériel d’injection : voir la section matériel
- Calculer votre dilution : la calculatrice de peptides
- Aller plus loin : la Masterclass Peptides (27 modules)
Questions fréquentes sur la sermoréline
Qu’est-ce que la sermoréline ?
La sermoréline correspond aux vingt-neuf premiers acides aminés de la GHRH, l’hormone naturelle qui commande à l’hypophyse de libérer de l’hormone de croissance. Ce fragment suffit à reproduire l’activité de l’hormone entière, qui en compte quarante-quatre. C’est le point de départ de toute cette famille de molécules.
Pourquoi la sermoréline a-t-elle été retirée du marché ?
Pour des raisons commerciales, pas de sécurité. Aucun signal indésirable n’a motivé cette décision : c’est l’arrivée de l’hormone de croissance recombinante, plus efficace pour l’indication pédiatrique, qui a rendu la sermoréline peu viable économiquement. Elle a donc traversé un dossier réglementaire complet, ce que peu de molécules de cette bibliothèque peuvent revendiquer.
Quelles quantités de sermoréline sont rapportées ?
Le repère le plus fréquent est 200 à 300 mcg par injection, une fois par jour au coucher et à jeun. Certains schémas montent jusqu’à 500 mcg, avec un gain supplémentaire discutable. Les cures durent trois à six mois.
Pourquoi injecter la sermoréline au coucher ?
Parce que sa demi-vie n’est que de dix à vingt minutes — la plus courte de sa famille. L’injection du soir se superpose au plus grand pic naturel d’hormone de croissance, celui du sommeil profond. Injecter à un autre moment produirait un pic dans un contexte hormonal bien moins favorable.
Comment reconstituer un flacon de sermoréline ?
La reconstitution de référence est 3 ml d’eau bactériostatique pour un flacon de 10 mg, soit 3 333 mcg par millilitre. Avec un flacon de 5 mg, utilisez 1,5 ml pour obtenir la même concentration. À ce ratio, 200 mcg correspondent à 6 graduations sur une seringue U-100, 300 mcg à 9 et 500 mcg à 15 — une seringue de 0,3 ml est donc nécessaire.
Sermoréline ou CJC-1295 : lequel choisir ?
Le CJC-1295 no DAC a une demi-vie deux fois plus longue et autorise plusieurs injections quotidiennes ; la sermoréline reste sur une prise unique au coucher. Mais la sermoréline a traversé un dossier réglementaire complet, ce que le CJC-1295 n’a jamais fait. Le choix dépend de ce qui compte pour vous : la souplesse d’usage ou l’historique d’évaluation.
La sermoréline donne-t-elle faim ?
Non. Contrairement au GHRP-6 qui passe par le récepteur de la ghréline, la sermoréline agit sur le récepteur de la GHRH, qui ne commande que la libération d’hormone de croissance. Elle n’a donc ni effet sur l’appétit, ni élévation du cortisol ou de la prolactine.
Sources
- Prakash A, Goa KL. Sermorelin : a review of its use in the diagnosis and treatment of children with idiopathic growth hormone deficiency. BioDrugs, 1999 — PubMed
- Walker RF. Sermorelin : a better approach to management of adult-onset growth hormone insufficiency ? Clinical Interventions in Aging, 2006 — PubMed
- Physiologie de la GHRH et de la libération pulsatile d’hormone de croissance — PubMed
- Liste des interdictions, section S2 — Agence mondiale antidopage
Dernière révision : août 2026 · Rédaction : Miss Peps
Autres protocoles
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Avertissement. Contenu publié à titre strictement éducatif et documentaire. La sermoréline a été autorisée comme médicament puis retirée du marché pour des raisons commerciales ; elle n’est plus commercialisée comme spécialité aujourd’hui. Le flacon vendu ici est un produit destiné à la recherche en laboratoire, non destiné à l’usage humain, animal, alimentaire ou cosmétique. Elle figure sur la liste des substances interdites de l’Agence mondiale antidopage. Les données d’évaluation portaient sur des enfants en déficit avéré, non sur des adultes en bonne santé. Pour toute question de santé, consultez un professionnel de santé.